Lectures lévinassiennes

Danielle Cohen-Levinas : 2018-2019

Master de philosophie PSL

Titre du séminaire : « Lectures lévinassiennes – Phénoménologie et philosophie de la religion »

Séminaire dans le parcours « Philosophie de la religion » (resp. Vincent Delecroix) et parcours Philosophie contemporaine (resp. Perrine Simon-Nahum)

Dates : 25 septembre ; 9, 16 et 23 octobre ; 6, 13, 20 et 27 novembre ; 11 et 18 décembre 2018.

Lieu : 45 rue d’Ulm, sous-sol du Pavillon Pasteur, Salle de séminaire

Heures : 18h à 20h (les 11 et 18 décembre, 8 janvier 2019 : 18h à 21h).

En explorant les sources philosophiques d’Emmanuel Levinas, on comprend d’emblée que la question éthique est prise dans l’ellipse d’une réflexion sur la transcendance qui ne se laisse pas réduire à une philosophie de la religion. Cependant, la question du religieux n’est pas absente de la pensée de Levinas et d’aucuns philosophes ont pu y voir un « tournant théologique » de la phénoménologie. La philosophie de Levinas n’est ni une théologie, ni une apologie de la religion. Au privilège de la présence et du présent de la représentation, Levinas oppose une subjectivité marquée par une extériorité radicale. Levinas comprend que chez Husserl, il existe autre chose que ce privilège de la présence, ce qu’il nomme une « conscience indirecte, immédiate, mais sans visée intentionnelle » (Entre nous, p. 137). Autrement dit, il existe, dans l’héritage phénoménologique, une conscience qui ne se laisse pas absorber par le monde où les objets auxquels elle se réfère, ouvrant la voie à une temporalité eschatologique et messianique.
Partant de l’idée d’une visée non intentionnelle propre à une conscience indirecte, nous interrogerons cette année le rapport entre phénoménologie et philosophie de la religion dans l’œuvre de Levinas, dans ses aspects à la fois paradoxaux et fondamentalement novateurs dans la manière dont Levinas entend le mot Dieu.
«  Je ne voudrais rien définir par Dieu, parce que c’est l’humain que je connais. (…) Je ne refuse pas le terme de religieux, mais je l’adopte pour désigner la situation où le sujet existe dans l’impossibilité de se cacher. Je ne pars pas de l’existence d’un être très grand ou très puissant. Tout ce que je pourrai en dire viendra de cette situation de responsabilité qui est religieuse en ce que le Moi ne peut l’éluder » (Emmanuel Levinas, Liberté et Commandement).

Avec la participation de : Philippe Cappelle-Dumont, Hent de Vries, Perrine Simon-Nahum, Georges Elia-Sarfati, Jacob Levi, Stefano Bancalari, Jacob Rogozinski, Danielle Cohen-Levinas, Jean-Claude Monod.

Programme :

• Mardi 25 septembre : Philippe Capelle-Dumont (Université de Strasbourg, Faculté de philosophie de l’Université catholique de Paris)

• Mardi 9 octobre : Perrine Simon-Nahum (CNRS – ENS/PSL) – titre en attente

• Mardi 16 octobre : Inga Romer – « La raison pure pratique et l’illéité. Kant et Levinas »

• Mardi 23 octobre : Jacob Rogozinski (Université de Strasbourg) – « Souvenez-vous que vous avez été esclaves en Égypte »  –  La mémoire, la promesse et l’accueil.

• Mardi 6 novembre : Vincent Delecroix  (à confirmer)

• Mardi 20 novembre : Jean-Claude Monod (CNRS/ENS – Archives Husserl) : à confirmer

• Mardi 27 novembre : Georges-Elia Sarfati (Université hébraïque de Jérusalem)

• Mardi 11 décembre (de 18h à 21h) : Hent de Vries (Johns Hopkins University) : Jacob Levi (Doctorant, John Hopkins University) : « Levinas et Rosenzweig: l’Eclat de la totalité et les germes de la phénoménologie”. 

• Mardi 18 décembre (de 18h à 21h) : Stefano Bancalari (Université la Sapienza à Rome) et Danielle Cohen-Levinas (Université Paris-Sorbonne)

• Mardi 8 janvier 2019 (de 18h à 21h) : Présentation des travaux des étudiants et exposés.