Stéphanie RUPHY – Enseignements 2020-2021

S1 – Cours Master
Valeurs en science, valeur de la science
Le fil conducteur de nos réflexions sur les évolutions des interactions entre science et société sera dans ce cours celui des valeurs. Il s’agira de s’interroger, du point de vue de la philosophie des sciences, sur le rôle joué par des valeurs culturelles, sociales et politiques dans la recherche scientifique. L’inclusion de telles valeurs « contextuelles » constitue-t-elle nécessairement une menace contre l’objectivité de la science ? Autrement dit, dans quelle mesure la science doit-elle être indépendante et autonome pour conserver sa crédibilité et son autorité épistémique ? Plus spécifiquement, le cours abordera par exemple la question de l’impact de la « commercialisation » de la science sur les normes traditionnelles de la recherche scientifique.

S2 – Cours Master
La question de l’unité ou de la pluralité des sciences : enjeux épistémiques et métaphysiques
A partir d’une réflexion portant sur la coexistence de plusieurs façons de procéder pour produire des connaissances sur le monde, ou plusieurs styles de raisonnement selon la terminologie de Ian Hacking, ce cours abordera le débat contemporain sur l’unité ou la pluralité des sciences, interrogeant en particulier ses enjeux épistémiques et métaphysiques. Nous aborderons, entre autres, la question de la possibilité de tirer du succès ou de l’échec de programmes réductionnistes en science des leçons ontologiques sur l’ordre ou le désordre du monde, ou encore celle de savoir quelle attitude épistémique adopter dans les situations, très courantes en science, où coexistent plusieurs représentations incompatibles d’un même phénomène.

S2 – Séminaire de recherche
Construction et rôle de l’expertise scientifique en démocratie
Ce séminaire se propose d’interroger, du point de vue de la philosophie des sciences et de l’épistémologie sociale, la nature et le rôle de l’expertise scientifique dans nos sociétés démocratiques. Seront abordées, entre autres, les questions suivantes : Comment, et sous quelles conditions, la dépendance épistémique aux experts d’un sujet connaissant est-elle justifiée ? Sur quoi reposent l’autorité épistémique de l’expert et sa reconnaissance dans l’arène publique ? L’objectivité attendue de l’expert scientifique engagé dans un débat public est-elle du même ordre que l’objectivité attendue du chercheur dans son laboratoire ? Quels modes d’articulation peut-on envisager entre expertises scientifiques et savoirs dits « profanes » ?

Les travaux se nourriront également de l’analyse de situations concrètes d’interactions entre experts scientifiques et d’autres composantes de la société (décideurs politiques, associations de citoyens, etc).